Cérémonie d'ouverture

Louise Mushikiwabo : « Faisons nos affaires ensemble, faisons nos affaires en français. »

Lors de la cérémonie d'ouverture de la REF 2025, la Secrétaire générale de l'OIF a salué la dynamique de l’Alliance des Patronats Francophones et appelé à lever les freins à la mobilité des entrepreneurs. Une francophonie économique affirmée, qui assume son rôle de moteur d’opportunités.

Publié et mis à jour le 11 juillet 20253 min de lecture

« Faisons nos affaires ensemble, faisons nos affaires en français. » C’est sur ces mots que Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a conclu son intervention à l’ouverture de la cinquième Rencontre des Entrepreneurs Francophones, organisée à Brazzaville. Un discours à la fois chaleureux et déterminé, saluant le chemin parcouru par l’Alliance des Patronats Francophones et appelant à consolider un écosystème d’affaires cohérent, fluide et solidaire à l’échelle du monde francophone.

Louant l’engagement des 43 organisations professionnelles membres de l’Alliance et les résultats des précédentes éditions, Louise Mushikiwabo a souligné que « l’Alliance est désormais un acteur majeur sur la carte économique francophone. » Un constat renforcé par le soutien politique accordé par le Président Denis Sassou-Nguesso à cette édition de la REF, qu’elle a salué comme un signal fort en faveur de l’entreprise et du secteur privé dans la stratégie de développement du continent.

Dans une parenthèse personnelle, empreinte de franchise et d’humour, la Secrétaire générale est revenue sur sa propre campagne pour l’OIF. « Je parlais beaucoup de francophonie économique, et on me disait que je devais parler plus de poésie que d’argent », a-t-elle confié en évoquant son ami et actuel ministre congolais de la Culture. « Ce matin, je le retrouve ici… et je constate que la prospérité n’est pas incompatible avec la poésie. » Cette anecdote illustre l’évolution assumée de la Francophonie vers une approche plus pragmatique, sans renier son ancrage culturel.

Pour Louise Mushikiwabo, cette orientation économique est désormais au cœur du mandat de l’OIF. Elle insiste : « La francophonie économique est une réalité. » Avec 17,5 % de la population mondiale, 16,5 % du PIB global et 20 % du commerce international des marchandises, l’espace francophone dispose d’un potentiel économique considérable. Un potentiel qu’elle s’attache à valoriser depuis 2019 en tissant des passerelles entre gouvernements, entreprises et réseaux d’affaires.

Elle a également mis en avant l’action de l’OIF à travers les Missions économiques et commerciales de la Francophonie, qualifiées de « catalyseur d’opportunités » pour les PME. Cinq éditions ont déjà eu lieu, dont la dernière à Cotonou, avec plus de 1 700 entreprises participantes, 4 000 rendez-vous B2B et plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires générés. « Quatre accords ont été signés la semaine dernière au Bénin, dont deux à plus de 30 millions d’euros. Ce n’est pas rien ! » a-t-elle rappelé, insistant sur la nécessité de passer des échanges aux signatures concrètes.

Louise Mushikiwabo a ensuite appuyé avec force un combat partagé par l’Alliance : la libre circulation des entrepreneurs francophones. Elle a plaidé pour une meilleure compréhension, par les gouvernements, des réalités économiques de la mobilité. « Il n’est pas normal qu’un homme ou une femme d’affaires attende deux mois un visa. C’est de l’argent perdu, c’est un frein à l’emploi dans nos pays. » Elle appelle à un changement d’approche politique sur ce sujet, qui freine aujourd’hui la dynamique d’investissement et l’expansion des entreprises à l’échelle francophone.

Enfin, elle a rappelé que la francophonie économique doit être un vecteur de transformation, d’innovation et de développement durable, « un espace d’intérêt commun, de prospérité partagée et de circulation des bonnes pratiques. » À l’horizon 2026, avec la REF prévue au Cambodge et le Sommet de la Francophonie organisé à Phnom Penh, l’OIF et l’Alliance continueront à unir leurs efforts pour faire vivre une francophonie économique ouverte, mobile et compétitive.

Autres articles

L'Alliance des Patronats Francophones

À propos

L'Alliance des Patronats Francophones

Portée par la volonté de renforcer la coopération économique entre les pays francophones, l’Alliance des Patronats Francophones fédère les organisations d’employeurs et les acteurs du secteur privé autour d’une ambition commune : bâtir une économie francophone intégrée, compétitive et innovante.
À travers ses actions, ses rencontres et ses initiatives, elle crée les conditions d’un dialogue constructif entre les entreprises, les investisseurs et les institutions, au service de la croissance et du rayonnement économique du monde francophone.

La REF, le grand rendez-vous économique de la Francophonie

À propos

La REF, le grand rendez-vous économique de la Francophonie

Organisée depuis 2021 par l'Alliance des Patronats Francophones, la Rencontre des Entrepreneurs Francophones (REF) s'est imposée comme le principal rendez-vous annuel de la Francophonie économique. Pour sa 6ᵉ édition, elle se tiendra pour la première fois en Asie du Sud-Est, à Phnom Penh, du 14 au 16 novembre 2026, en coorganisation avec la Chambre de Commerce du Cambodge (CCC)

La Chambre de Commerce du Cambodge, coorganisatrice de la REF 2026

À propos

La Chambre de Commerce du Cambodge, coorganisatrice de la REF 2026

Coorganisatrice de la REF 2026 avec l'Alliance des Patronats Francophones, la Chambre de Commerce du Cambodge est l'organisation représentative du secteur privé cambodgien. Forte de plus de 5 000 entreprises membres et d'un vaste réseau international, elle joue un rôle déterminant dans le dialogue entre les entreprises, les pouvoirs publics et les partenaires économiques étrangers.

ASEAN et Afrique francophone : la nouvelle frontière du commerce Sud-Sud

Économie

ASEAN et Afrique francophone : la nouvelle frontière du commerce Sud-Sud

Le centre de gravité de l'économie mondiale se déplace progressivement vers le Sud. L'Asie représente aujourd'hui le principal moteur de la croissance mondiale, tandis que l'Afrique est appelée à connaître l'une des plus fortes dynamiques démographiques et économiques des prochaines décennies. Pourtant, les échanges directs entre l'Afrique francophone et l'ASEAN demeurent largement sous-exploités. Pour les entreprises, cette sous exploitation constitue moins une limite qu’une opportunité.

Produire au Cambodge : une plateforme d'accès aux marchés mondiaux

Focus Pays

Produire au Cambodge : une plateforme d'accès aux marchés mondiaux

Avec 54,6 milliards de dollars d'échanges commerciaux en 2024, le Cambodge ne se résume plus à son marché intérieur. Son économie s'est construite comme une plateforme industrielle intégrée aux grandes chaînes de valeur internationales. Cette spécialisation crée des dépendances, mais elle offre également aux entreprises étrangères un accès privilégié aux principaux marchés asiatiques, européens et nord-américains grâce à un réseau exceptionnel d'accords commerciaux. Pour les entreprises francophones, l'enjeu dépasse donc la conquête du marché cambodgien : il s'agit de produire depuis le Cambodge pour accéder au monde.


Préférences de consentement