Cérémonie d'ouverture

Thani Mohamed Soilihi : « Une francophonie économique intégrée, innovante et inclusive est à notre portée. »

À Brazzaville, le ministre français délégué à la Francophonie a esquissé une stratégie ambitieuse pour faire de l’espace francophone un levier de croissance partagé. Intégration économique, éducation, innovation : trois piliers pour bâtir une francophonie d’influence et de solutions

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À Brazzaville, le ministre français délégué à la Francophonie a appelé à renforcer les synergies entre États, entrepreneurs et institutions, autour de trois leviers : intégration, éducation et innovation. Une feuille de route ambitieuse pour libérer le potentiel de l’espace économique francophone.

« Nous sommes rassemblés ici par un lien fort et vivant, ce formidable vecteur d’opportunités qu’est la langue française. » En ouverture de la REF Brazzaville, Thani Mohamed Soilihi a salué la puissance de cette langue partagée par plus de 320 millions de personnes sur cinq continents. Plus qu’un outil de communication, elle est selon lui une source de création, d’innovation et d’entrepreneuriat. Une conviction que la France défend depuis le Sommet de Djerba, réaffirmée ici à Brazzaville devant les dirigeants francophones et les représentants du monde économique.

Rappelant le poids stratégique de l’espace francophone – 16 % du PIB mondial, 20 % du commerce des marchandises – le ministre a plaidé pour une francophonie économique plus intégrée et plus visible. Il a proposé une action collective autour de trois axes. Le premier, l’intégration économique, s’appuie sur des outils concrets déjà lancés : l’Alliance francophone de la propriété intellectuelle, le Réseau normalisation et francophonie, le travail de l’OHADA et celui de l’AFREC, qui œuvre à l’interconnexion des registres du commerce. « Nous pouvons renforcer nos synergies, faciliter l’implantation de nos entreprises dans tout l’espace francophone et renforcer l’intégration économique des acteurs. »

Deuxième levier : l’éducation. « Il n’y aura pas de francophonie économique sans formation des jeunes. » Le ministre a souligné la nécessité d’un investissement durable dans l’enseignement du et en français, en annonçant l’inauguration prochaine du Collège international de Villers-Cotterêts, aux côtés de la Secrétaire générale de l’OIF. Il a aussi salué les programmes Entreprendre en francophonie et PIMEF, l’Erasmus francophone, conçus pour accompagner les talents vers l’emploi et renforcer les passerelles entre les systèmes éducatifs francophones.

Le troisième pilier de cette vision, c’est l’innovation. Thani Mohamed Soilihi a rappelé le succès du salon Francotech, organisé en marge du Sommet de la Francophonie à Paris. Il a confirmé sa pérennisation, avec une édition prévue en 2026 au Cambodge, et une étape intermédiaire en 2025. « Cette initiative a prouvé que le français est aussi la langue des nouvelles technologies. »

Ces initiatives, portées avec l’OIF et l’Alliance des Patronats Francophones, traduisent une volonté claire : faire de la francophonie un espace cohérent, ouvert et compétitif, où l’innovation, la formation et l’investissement trouvent un terrain propice.

« L’espace francophone est riche de ressources, d’intelligence et d’opportunités. Ensemble, nous allons construire un espace économique intégré au service d’une croissance inclusive, respectueuse de la planète et de nos populations. »

Un appel à la mobilisation collective, pour que les promesses de la francophonie économique deviennent des réalités partagées.

Publié le 11 juill. | Mis à jour le 16 juill.