Roberto Suárez Santos : « La francophonie économique est une chance. Il faut lui donner les moyens de réussir. »
À Brazzaville, lors de la REF 2025, le Secrétaire général de l’Organisation internationale des employeurs (OIE) a appelé à bâtir des coalitions durables et des partenariats efficaces au sein de la francophonie économique. Une invitation claire à transformer les synergies naissantes en une puissance économique concrète et inclusive.
C’est avec chaleur et conviction que Roberto Suárez Santos s’est adressé aux entrepreneurs francophones réunis à Brazzaville pour la cinquième édition de la REF. À la tribune, il a salué le chemin parcouru par l’Alliance des Patronats Francophones, « passée d’un concept à une réalité bien vivante, dynamique et en pleine expansion ». Un accomplissement salué par celui qui représente plus de 5 millions d’entreprises à travers le monde via l’OIE.
Issu d’un environnement hispanophone, Suárez Santos a souligné la force de la langue française comme levier de confiance, de nuance et de coopération. « Parler la langue de son interlocuteur, c’est créer un lien. C’est ouvrir la porte à des opportunités construites sur le respect mutuel. » Pour lui, cette capacité à dialoguer dans une langue commune est l’un des piliers de la réussite de la francophonie économique.
Mais il a aussi rappelé que cette richesse linguistique et géographique, si elle est un socle, n’est pas une fin en soi. Pour répondre aux défis communs – transition numérique, intelligence artificielle, pressions environnementales, recomposition des chaînes de valeur – il faut dépasser l’empilement de projets. Il faut, dit-il, « changer d’échelle », « bâtir ensemble des coalitions durables, synchroniser nos objectifs, et agir collectivement ».
Son discours a aussi mis l’accent sur les fondamentaux de tout écosystème économique compétitif : stabilité juridique, lisibilité fiscale, efficacité institutionnelle. « Ce n’est pas un luxe, c’est la condition même de la confiance des investisseurs. » À ses yeux, promouvoir de tels environnements, c’est aussi faciliter la transition du secteur informel vers une économie formelle plus résiliente.
Autre priorité soulignée avec vigueur : l’investissement dans les compétences. « Sans savoir-faire, sans formation solide, aucun pays ne peut transformer des capitaux en valeur ajoutée durable. Peu importe l’ampleur des montants mobilisés, sans compétence, il n’y a ni inclusion, ni innovation. »
L’OIE, a-t-il précisé, continuera de soutenir les efforts de structuration engagés par l’Alliance. Il a affirmé son souhait de voir cette dynamique s’amplifier : « L’OIE sera pleinement engagée à vos côtés pour promouvoir des environnements favorables à l’investissement, pour construire des passerelles interrégionales, et pour structurer un espace économique francophone compétitif. »
Avec un ton à la fois pragmatique et rassembleur, Roberto Suárez Santos a livré un message limpide : la francophonie économique est une chance collective, mais elle ne s’imposera que si ses acteurs – publics comme privés – font bloc autour d’une ambition commune. Et comme il l’a résumé avec justesse : « Les pays qui soutiennent leurs entrepreneurs réussissent. À nous d’en faire autant. »