Économie

Sangha : forêt d’opportunités entre biodiversité, bois d’exportation et minerais stratégiques

Au cœur du Bassin du Congo, la Sangha se dessine comme un nouvel épicentre de l’économie verte. Forêts certifiées, minerais stratégiques, agriculture de niche et écotourisme mondial : ce territoire frontalier conjugue durabilité, biodiversité et potentiel industriel. Un appel aux investisseurs responsables, à la croisée de la conservation et de la croissance.

Publié et mis à jour le 18 juin 20252 min de lecture
Sangha : forêt d’opportunités entre biodiversité, bois d’exportation et minerais stratégiques

Données clés :

  • Superficie : 55 800 km² (environ 16 % du territoire national)

  • Population : 153 702 habitants (2018)

  • Chef-lieu : Ouesso

  • Districts : 3 (Souanké, Mokéko, Sembé)

  • Commune : Ouesso

Une frontière verte au cœur du Bassin du Congo

Frontalière du Cameroun et de la République centrafricaine, la Sangha constitue un sanctuaire forestier et faunique d’importance mondiale, en plein cœur du deuxième massif forestier tropical de la planète. Elle est aussi une zone de transit vers l’Afrique centrale et un foyer de richesses en bois précieux, minerais et biodiversité.

Le fleuve Sangha est navigable et relie Ouesso au bassin du Congo, jusqu’à Brazzaville et Kinshasa.

Industrie forestière de premier plan

La Sangha concentre une part importante des unités forestières d’aménagement (UFA) du Congo. Le secteur est dominé par des sociétés industrielles certifiées pour l’exportation :

  • CIB (OLAM) : certification FSC, transformation industrielle locale

  • IFO (DLH) : production de sciages et contreplaqués

  • Essences : sapelli, okoumé, ayous, wengé, sipo

Le bois constitue la première source d’emplois formels du département, avec un potentiel de développement dans :

  • Transformation avancée (meubles, panneaux, charpentes)

  • Valorisation énergétique (briquettes, bois-énergie)

  • Exportation via le port fluvial de Ouesso

Gisements miniers et terres rares

Le sous-sol de la Sangha est riche en fer, or, polymétaux et terres rares, notamment autour de Souanké, Sembé et Ngombé :

  • Sociétés actives : Sundance Resources, Core Mining

  • Projets d’exploitation de fer à ciel ouvert, en phase de prospection avancée

  • Potentiel en or alluvionnaire et en métaux critiques

Le gouvernement mise sur la création d’un pôle minier nord-congolais, associé à des corridors de transport rail/route vers Pointe-Noire ou le Cameroun.

Potentiel agricole inexploité

La Sangha dispose de terres agricoles vierges, peu exploitées à ce jour, mais propices à une agriculture de niche :

  • Culture biologique sous canopée

  • Café, cacao, vanille, fruitiers tropicaux

  • Élevage sylvo-pastoral (zone de forêts-savanes)

Des projets d’agriculture contractuelle sont envisageables pour l’approvisionnement local des entreprises forestières et la substitution aux importations alimentaires.

Écotourisme et conservation mondiale

La Sangha Trinational, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un complexe transfrontalier de parcs nationaux partagés avec le Cameroun et la RCA :

·       Parc de Nouabalé-Ndoki : forêt primaire intacte, gorilles, éléphants, primates

·       Activités touristiques : safaris, recherche scientifique, trekking, tourisme photo

·       Partenariats avec le Wildlife Conservation Society (WCS) et d’autres ONG

Le potentiel est énorme, mais l’accès et les infrastructures hôtelières doivent être développés.

Infrastructures : défis logistiques majeurs

  • Port fluvial de Ouesso, nécessitant modernisation

  • Aéroport de Ouesso : accessible aux vols domestiques

  • Projet d’extension ferroviaire depuis le sud en phase d’étude

  • Routes vers Sembé, Souanké : difficiles en saison des pluies

La Sangha est inscrite dans les projets de désenclavement du nord dans le cadre du PND 2022–2026.

Conclusion

La Sangha est un territoire d’avenir pour les investissements verts, responsables et à haute rentabilité. Forêt durable, minerais stratégiques, écotourisme, agriculture biologique, autant de créneaux disponibles pour les pionniers capables de conjuguer conservation et croissance économique. Dans un contexte de forte attention internationale sur le Bassin du Congo, ce département est une clé de voûte pour l’économie verte du pays.

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